REF: 12893
Beau et long manuscrit du Sar Peladan, « Les Courtisanes Grecques »
Josephin Peladan (Lyon, 1858/1918)Homme de lettres mystique et occultiste, dit le Sâr.
Description : Très beau texte autographe signé du Sar Joséphin Peladan, intitulé "Les Courtisanes Grecques". Ratures, ajouts et corrections.
"Si on vient d'Italie, on aborde la terre grecque à Patras. Il faut y attendre, pendant plusieurs heures le train qui mènera à Athènes. Quoiqu'il n'y ai rien à voir, on parcourt les rues à la rencontre du type grec & on rapporte un grand étonnement ; dans cette ville la plus peuplée de l'Attique, on a point rencontré de femmes ni vieilles, ni jeunes, ni ménagères,…
Lire la suiteTrès beau texte autographe signé du Sar Joséphin Peladan, intitulé "Les Courtisanes Grecques". Ratures, ajouts et corrections.
"Si on vient d'Italie, on aborde la terre grecque à Patras. Il faut y attendre, pendant plusieurs heures le train qui mènera à Athènes. Quoiqu'il n'y ai rien à voir, on parcourt les rues à la rencontre du type grec & on rapporte un grand étonnement ; dans cette ville la plus peuplée de l'Attique, on a point rencontré de femmes ni vieilles, ni jeunes, ni ménagères, ni promeneuses. Malgré la profonde empreinte laissée par le joug turc sur ce pays […] le gynécée a plusieurs traits communs avec le harem. [...] Ce qui vaut aux courtisanes grecques leur immortalité ce n’est pas leur alcôve, ni le nombre de leurs amants, ni une prétendue science du plaisir ; c’est leur salon, la qualité de leurs commensaux et surtout leur divination des besoins sentimentaux de l’homme. Leur beauté s’efface à l’éclat de leur esprit. Coquettes transcendantales, elles séduisirent les imaginations les plus difficiles à satisfaire et les cœurs les plus tendres de l’ancien monde. Leur mérite est tout fait d’idéalité : elles furent les éducatrices sentimentales de l’Occident et leur cœur parut plus beau que leur sein ; du plus vil des métiers elles tirèrent un élément irrésistible de civilisation : l’amour moderne leur doit ses délicatesses ; & en trait suprême il faut écrire que la page testamentaire de la philosophie grecque, celle qui contient en germe notre lyrisme de Pétrarque à Verlaine, appartient de l’aveu de Socrate à une hétaïre sans histoire, qu’on nommait Diotima et qui était de Mantinée".
RéduireEncre turquoise sur papier jaune.
1 600 €